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Réussir une cession à la jambe, ton premier déplacement latéral à cheval
La cession à la jambe constitue le premier exercice de déplacement latéral appris dans les centres équestres. La mise en pratique n’est pas toujours très aisée pour le cavalier* en apprentissage. Comment définir précisément ce mouvement particulier ? Quelles sont les différentes façons de réussir une cession à la jambe ? Quel est l’intérêt de cet exercice pour toi et ton loulou** ? La Team LMs t’explique tout ce qu’un cavalier averti doit savoir.
La cession à la jambe est un travail sur deux pistes, lors duquel le cheval reste presque droit, sauf une légère flexion de la nuque. Cette flexion opère du côté opposé à la direction vers laquelle il se déplace. Le cheval regarde dans la direction opposée au sens de la marche.
La cession à la jambe est un déplacement latéral qui mobilise les épaules et les hanches de l’équidé, en simultané. Le cheval se déplace vers l’avant et de côté, en restant parallèle à la direction première (souvent le grand côté de la piste).
C’est donc le premier déplacement latéral que l’on rencontre au niveau des reprises de dressage proposées en compétition, par la Fédération :
Club 2 Grand Prix, Poney 1 Grand Prix (dressage pur)
Club Élite, As Poney 2 et Amateur 3 (reprises CCE).
2. Comment faire une cession à la jambe ?
Dans les centres équestres et poney-clubs, deux méthodes sont enseignées pour introduire, réaliser et approfondir la cession à la jambe.
2.1 Cession à la jambe avec la jambe isolée
La première méthode apprise en centre équestre
C’est la méthode préférée des moniteurs d’équitation pour introduire la cession à la jambe. Je parie que c’est celle qui t’a été enseignée en tout premier pour ce déplacement latéral !
Cette méthode est effectivement la plus « logique » pour un cavalier en formation qui souhaite réaliser cette figure.
Prenons l’exemple de la cession à la jambe gauche. C’est un déplacement qui va vers la droite puisque le cheval répond à la jambe gauche. Il s’agit de mobiliser les hanches en reculant la jambe opposée au mouvement souhaité. Dans cet exemple, cette action de jambe est assez simple à comprendre : tu recules ta jambe gauche et cela agit sur le postérieur gauche de ton cheval en le poussant vers la droite. Il faut que ton mouvement parte de la hanche, sans serrer le genou, et qu’il se fasse en pression discontinue. On appelle cette action la jambe isolée. Vu que le loulou va se plier autour de ta jambe gauche, ce côté gauche est donc appelé le « côté intérieur ». Ton autre jambe reste à la sangle et permet d’assurer le mouvement en avant de ton cheval, elle s’appelle la jambe d’impulsion.
Ensuite, pour mobiliser les épaules de ton cheval, tu dois utiliser le couloir de rênes pour emmener l’avant-main dans la direction souhaitée. Dans cet exemple, tu pourras y arriver en gardant la rêne droite tendue, en rêne régulatrice du pli. Ta main gauche reste légèrement décollée du garrot en légère rêne d’ouverture. Selon ton moniteur, il pourra utiliser le terme rêne d’appui. Son action permet de décaler plus facilement encore les épaules de ton cheval. Par contre, tu risques d’avoir plus de pli d’encolure, alors que, dans une cession à la jambe, le cheval doit être quasiment droit.
Tes autres aides
Pense à :
laisser le poids de ton corps centré sur ta selle et orienté dans le sens du mouvement
orienter ton buste vers l’endroit où tu vas, le nombril légèrement dirigé vers le sens du mouvement
ton regard qui aide à réguler le mouvement : – si le cheval a les épaules trop de côté, regarde vers l’intérieur – si ton mouvement est régulier, regarde vers l’endroit où tu vas.
Pour moi, cette méthode présente plusieurs inconvénients :
ta jambe isolée va trop pousser les hanches de ton cheval. Il risque de « s’entabler », comme on dit. Cela est plus pénalisé en compétition que pour un cheval qui ne met pas suffisamment les hanches.
ton mouvement latéral ne sera pas facilement régulier (tu auras trop d’épaules, puis trop de hanches, puis, de nouveau, trop d’épaules, etc.)
en reculant ta jambe pour la positionner en jambe isolée, tu ne fonctionnes pas harmonieusement dans tes aides. Tu risques de te tordre entre ton bas du corps orienté vers un côté et ton haut du corps de l’autre côté.
Le cession à la jambe isolée ne met donc pas le cavalier dans la facilité. Soit tu te retrouves tout tordu sur ton cheval, soit tu te places dans les aides de l’appuyer. Et ce n’est pas la figure souhaitée dans ce cas !
2.2 Cession à la jambe avec la jambe au centre
Cette seconde méthode est moins intuitive pour le cavalier en apprentissage. Voilà pourquoi, sans doute, ton moniteur ne te l’a pas présentée en premier.
Seconde méthode moins intuitive
Pour réussir une cession à la jambe au centre, tu places tes mains comme dans le cas précédent :
ta rêne intérieure est légèrement écartée et moelleuse. Elle agit en rêne d’ouverture qui décontracte le cheval et confirme la cession de la nuque.
ta rêne extérieure est tendue (celle vers le côté où tu veux aller). Elle régule le pli et contrôle le déplacement des épaules.
Par contre, au niveau de tes jambes, ta jambe extérieure se recule très modérément. Elle contrôle les hanches et à ce moment-là, on dit que c’est une jambe de position (si elle agit, elle se transforme en jambe isolée). Ta jambe intérieure reste à la sangle. C’est elle qui assure l’impulsion et qui déplace le cheval sur le côté dans son ensemble. On pourra l’appeler jambe au centre et jambe d’impulsion.
Au niveau de tes autres aides :
ton poids du corps reste centré, dirigé légèrement vers les oreilles de son cheval
ton buste est également orienté vers l’intérieur
ton regard aide toujours à réguler le mouvement : si le cheval a les épaules trop de côté, regarde vers l’intérieur ou si ton mouvement est régulier, regarde vers l’endroit où tu vas.
Ses avantages
Cette seconde méthode semble plus complexe au départ mais présente néanmoins plusieurs avantages :
tu apprends à déplacer le cheval sur le côté dans son ensemble (épaules + hanches).
ta jambe mobilise l’entièreté du cheval. Celui-ci « cède à la jambe », d’où le nom de « cession à la jambe ».
une fois que tu contrôles les épaules, le déplacement latéral s’avère plus régulier
le placement de tes différentes aides te met davantage dans la facilité et te permet de fonctionner plus justement avec ton cheval.
tu te retrouves, plus ou moins, dans les aides de l’incurvation ce qui te sera utile pour la suite de ton apprentissage.
photo : Les Garennes
Par contre, si ton cheval ne respecte pas bien ces aides précises ou s’il ne les connait pas, tu rencontreras plus de difficultés pour partir sur le côté.
3. Quel est l’intérêt de ce déplacement latéral ?
Travailler la cession à la jambe présente plusieurs intérêts pour ton cheval. Pour le couple que tu formes avec lui, un des premiers intérêts que tu vas ressentir est qu’il apprenne à respecter ta jambe intérieure !
Au niveau de son entraînement physique, réaliser ce mouvement va l’assouplir et le muscler par la mobilisation des épaules et la flexion des postérieurs. Ton loulou va devoir engager davantage sur son postérieur interne. Si tu réalises ce mouvement latéral autant d’un côté que de l’autre, cela améliorera la symétrie de son fonctionnement et donc sa rectitude.
L’exercice apparaît également bénéfique pour travailler ses abdominaux qui se contractent au cours du mouvement. Au niveau de la hanche, le grand muscle psoas est sollicité également et s’assouplit. Le cheval abaisse ses hanches, remonte le dos et améliore sa propulsion.
Pour finir, ton loulou va gagner en équilibre latéral, longitudinal et en décontraction. Cela aidera à sa mise en main.
En tant que cavalier, la cession à la jambe t’aidera à optimiser l’efficacité de tes aides :
l’indépendance des aides permet d’agir avec une aide particulière sans que les autres ne soient affectées.
la dissociation des aides, c’est agir de manière différente avec les aides opposées.
l’accord des aides, c’est la coordination que tu établis entre les actions de tes jambes, de tes mains, de ton assiette et du poids de ton corps.
La cession à la jambe est un exercice de déplacement latéral demandé dans les reprises de dressage de difficulté moyenne. Il est bénéfique pour le fonctionnement du cheval et pour l’amélioration de l’utilisation de tes aides. Il s’obtient de deux façons : la première t’aide à comprendre la logique du déplacement latéral, mais la seconde est plus facile pour ta configuration biomécanique. C’est la véritable « cession à la jambe ». Pour aller plus loin dans la souplesse et la disponibilité du cheval, tu peux aussi travailler l’incurvation. C’est une base essentielle avant et pendant la cession à la jambe.
La Foire aux Questions de la cession
Pour t’aider à mieux comprendre la cession à la jambe et à résoudre les difficultés les plus courantes, voici une FAQ regroupant les questions que les cavaliers se posent le plus souvent.
Clique sur l’intitulé de chaque question pour découvrir la réponse
Le cavalier reste droit, bassin parallèle à celui du cheval, épaules légèrement orientées dans le sens du déplacement. Son regard suit la trajectoire. Aucune inclinaison du corps ne doit accompagner le mouvement.
Oui ! Tourner la tête entraîne naturellement les épaules du cavalier… et donc celles du cheval. Regarde dans ta diagonale jusqu’au point visé : cela stabilise le tracé et clarifie ta demande. Cela te permet également de savoir si tu dois en demander plus ou moins pour arriver à l’endroit de fin de mouvement.
Selon le cheval, tu peux mettre un tout petit peu plus de poids du côté où le cheval se déplace peut aider. Cela t’amène à renforcer ta jambe intérieure. Mais cela doit rester mesuré et discret.
2 ou 3 prérequis simples :
un cheval droit, calme, dans l’impulsion,
avoir une transition nette (pas → trot / trot → pas),
une trajectoire bien préparée (parallèle ou diagonale). La préparation est 50 % du succès.
Côté antérieurs, regarde l’épaule interne : elle doit s’avancer devant l’épaule externe. Côté postérieurs, le postérieur interne doit se placer devant et légèrement en travers du postérieur externe. Si rien ne croise… ce n’est plus une cession.
Au pas, regarde simplement les membres : le postérieur interne doit passer devant et au-dessus du postérieur externe. Au trot, base-toi sur la sensation : un cheval qui croise reste dans le rythme et te donne l’impression de se déplacer « en diagonale », sans résistance.
La trajectoire reste régulière, l’allure ne change pas, le cheval ne s’entable pas, les épaules ne fuient pas, les membres croisent correctement et le mouvement reste fluide du début à la fin.
Très peu. Un excès de pli perturbe l’équilibre et entraîne une fuite des épaules. Le cheval doit rester presque droit, avec seulement une légère flexion de la nuque du côté opposé au déplacement.
Oui, mais uniquement si le cheval comprend déjà qu’il peut déplacer les hanches et les épaules séparément. Au début, le mouvement sera plus un pas de côté élémentaire mais, avec le travail et l’intégration des aides, le jeune cheval pourra aller sur de la cession à la jambe. On recherche de petites réponses, sans amplitude ni contraintes.
Parce qu’elle mobilise une épaule sans perturber l’autre et engage le postérieur intérieur. Le cheval apprend à rester droit tout en se déplaçant latéralement, ce qui équilibre les deux côtés du corps et améliore la symétrie générale.
Parce qu’il fuit la jambe du cavalier : l’action de la jambe est trop importante ou manque d’équilibre. La jambe extérieure doit agir comme un cadre, et la rêne extérieure doit laisser passer davantage les épaules pour les remettre devant les hanches. Et ne pas faire l’inverse (remettre les hanches derrière les épaules) .
C’est souvent lié à une jambe isolée trop forte. Analyse :
si les hanches précèdent → jambe intérieure trop active et/ou trop reculée et rêne extérieure trop bloquée.
si les hanches ne viennent pas → jambe intérieure insuffisante et rêne extérieure trop lâche. La clé, c’est le dosage, pas la force.
Reviens sur une trajectoire plus simple, garde une rêne extérieure stabilisante, contrôle l’impulsion et, si nécessaire, fais une transition intermédiaire (ralentir le trot, repasser au pas) pour retrouver le calme.
Autre solution, tu peux intégrer une ou plusieurs voltes dans ton exercice pour remettre tes aides en place et replacer le postérieur intérieur sous la masse sans avoir à se battre avec son cheval pendant l’exercice.
Oui, au début. Le déplacement latéral demande un effort musculaire important. Pour l’aider :
agrandis la diagonale,
demande un déplacement plus léger,
vérifie ta jambe intérieure (impulsion) avant d’isoler ta jambe extérieure.
C’est souvent parce que la main intérieure agit trop et que la rêne extérieure n’est pas suffisamment à sa place. Dans une cession, ta rêne intérieure doit rester neutre pour ne pas « aspirer » les épaules et la rêne extérieure doit indiquer la direction à prendre. Garde ta rêne extérieure directrice et pense : j’avance, puis je déplace — pas l’inverse.
Les défenses les plus courantes viennent d’un manque de compréhension, d’un manque d’équilibre, d’actions trop fortes ou encore parce que l’exercice actuel est trop compliqué. Reviens à :
un pas actif,
un tracé plus simple,
un angle plus faible,
une demande plus progressive. Ce n’est jamais une question de “forcer”, mais de clarifier.
L’excès d’aides : trop de jambe, trop de main, trop de pli. La cession doit rester fluide, avec des aides légères et indépendantes. Le cheval doit avancer, pas se tordre.
Quelques passages de qualité suffisent ! Deux ou trois cessions à chaque main, bien faites, sont largement suffisantes pour améliorer souplesse et réactivité. Trop en faire fatigue et crispe ton cheval.
Les deux, mais différemment :
à main forte : chercher la qualité du mouvement,
à main faible : chercher la fluidité et l’égalité des réponses.
Un cheval trop travaillé à sa main facile devient asymétrique.
Non, ce n’est pas un exercice de base au galop. On le fait généralement au pas et au trot, car le cheval doit apprendre à se dissocier dans ses membres et que ce sont des allures symétriques. Au galop, on l’utilise à un niveau supérieur (Galop 7 et +) pour assouplir un cheval car le mouvement est très compliqué à obtenir (puisqu’il s’agit d’une allure dissymétrique).
Pour découvrir la FAQ, clique sur le ⊕ (ci-dessus)
Si tu as des questions concernant ce déplacement latéral, n’hésite pas à me laisser un commentaire ou à ouvrir un sujet dans le forum.
Notes : * Cet article est considéré pour un « cavalier fictif » et donc genré au masculin pour plus de commodité d’écriture. On n’oublie pas qu’au moins 80 % des cavaliers sont des femmes. Tout est donc bien sûr transférable à la gent féminine ! ** De même, dans l’article, je parle de « cheval » pour plus de facilité, il peut s’agir d’une jument, d’un hongre, d’un étalon. Tout comme d’un poney ou d’une ponette !
Illustrations : Team LMs, les Garennes et Bitmoji
À propos La Team LMs
Je m'appelle Louise MAILLARD de la Team LMs équitation. Instructrice d'un des plus gros centres de formation d'Ile de France, je forme tous les ans une quinzaine de stagiaires BPJEPS équitation qui deviennent des moniteurs performants dès leur prise de fonction. Témoin privilégié des notions et techniques qui font défaut à mes étudiants, j'ai créé ce site pour faciliter leur année de formation.