Pour 2026/2027, découvre ce que je peux te proposer dans "formation BPJEPS" (pour tes EPMSP, pour tes quatre BC, pour préparer tes examents, etc.) Ignorer
L’incurvation fait partie des notions incontournables en équitation. Pourtant, enseigner l’incurvation à un cavalier et savoir l’obtenir soi-même à cheval sont deux choses bien différentes !
Entre comprendre le rôle des aides, apprendre à les coordonner et réussir à sentir ce qui se passe sous la selle, l’apprentissage peut parfois s’avérer plus compliqué qu’il n’y paraît.
Alors, comment aborder l’incurvation, quels exercices proposer et comment aider le cavalier à progresser ? Que tu sois enseignant* ou cavalier**, découvrons comment rendre cet apprentissage plus clair et plus efficace.
Inutile d’attendre que ton cavalier maîtrise parfaitement toutes ses aides pour aborder l’incurvation. En revanche, si ton cavalier zigzague encore entre la piste et le centre du manège, mieux vaut commencer simplement !
L’objectif sera de lui faire découvrir progressivement le travail sur les courbes, sans lui demander de gérer quinze difficultés en même temps. Parce qu’entre écouter tes explications, coordonner ses aides et contrôler la trajectoire de son cheval***, il a déjà de quoi occuper quelques neurones !
Tu préfères revoir les bases techniques avant de passer à la pédagogie ? Découvre aussi mon article sur l’incurvation du cheval !
1.1. Commencer par des courbes larges
Pour découvrir l’incurvation, privilégie d’abord les courbes larges au pas. Le tracé reste facile à suivre et le cavalier peut se concentrer sur ses aides, plutôt que de passer son temps à chercher où il doit aller.
Lorsque le travail devient plus facile, tu peux progressivement resserrer les courbes, puis proposer le même exercice au trot. Les enchaînements de courbes et les changements de direction viendront ensuite enrichir le travail.
L’idée n’est pas de transformer immédiatement le manège en parcours de slalom, mais de donner au cavalier le temps de comprendre ce qu’il fait et d’en ressentir les effets.
1.2. Adapter plutôt que brûler les étapes
Ton cavalier se crispe, laisse s’échapper le cheval vers l’extérieur ou ne parvient plus à coordonner ses aides dès que tu lui demandes un peu plus ? Ce n’est pas forcément le moment d’ajouter une difficulté supplémentaire en espérant que la magie opère !
Tu peux au contraire :
revenir à une trajectoire plus facile à suivre ;
repasser à une allure inférieure ;
matérialiser davantage la courbe pour l’aider à visualiser son tracé ;
lui permettre de redresser plus longtemps son cheval sur quelques foulées avant de changer d’incurvation.
À l’inverse, lorsque le cavalier conserve un tracé régulier, une allure stable et une demande cohérente, tu peux progressivement retirer ces facilités.
Le but n’est pas de proposer l’exercice le plus compliqué possible, mais de trouver celui qui fait progresser le cavalier. Après tout, un cours d’équitation n’est pas un escape game : tes cavaliers sont là pour apprendre, pas pour résoudre une énigme à chaque changement de direction !
2. Aborder l’incurvation avec son cavalier
Savoir incurver un cheval ne signifie pas forcément savoir apprendre à quelqu’un à le faire ! Entre le cavalier qui connaît ses aides en théorie, celui qui les applique dans le mauvais ordre et celui qui tire sur sa rêne intérieure en espérant que son cheval comprenne le message, il y a parfois un peu de travail.
Le rôle du moniteur est justement d’accompagner le cavalier dans cet apprentissage, en adaptant ses explications et ses consignes à ce qu’il est capable de comprendre et de mettre en pratique.
2.1. Partir de ce que le cavalier comprend déjà
Avant de commencer tes explications, prends le temps de vérifier ce que ton cavalier sait de l’incurvation. A-t-il déjà travaillé cette notion ? Sait-il ce qu’il cherche à obtenir ? Comprend-il la différence entre pli interne et incurvation ?
Inutile de lui refaire tout un cours s’il maîtrise déjà les bases. À l’inverse, s’il pense que l’incurvation consiste à tirer sur la rêne intérieure jusqu’à ce que le bout du nez pointe vers l’intérieur, tu as probablement quelques idées à déconstruire !
Tu peux notamment lui demander ce qu’il cherche à obtenir ou comment il s’y prendrait pour incurver son cheval. Ses réponses te permettront de repérer ses connaissances, mais aussi les éventuelles confusions.
Une fois l’objectif compris, encore faut-il aider le cavalier à mettre ses connaissances en pratique !
Le risque, lorsqu’on enseigne l’incurvation, est de vouloir tout expliquer en même temps : l’action des mains, celle des jambes, la position du corps, le regard, le maintien de l’allure… Le cavalier se retrouve alors avec tellement d’informations à gérer qu’il en oublie parfois l’essentiel : monter à cheval!
Pour éviter cela, privilégie des consignes courtes et précises, en choisissant une priorité à la fois.
Par exemple, si ton cavalier se concentre tellement sur sa rêne intérieure qu’il en oublie ses autres aides, inutile de lui répéter toute la théorie. Tu peux attirer son attention sur le rôle de sa rêne extérieure et lui demander de vérifier qu’il conserve le contrôle des épaules et du pli.
De la même manière, si sa position se dégrade dès qu’il cherche à incurver son cheval, mieux vaut parfois revenir sur un élément précis plutôt que de corriger simultanément ses mains, ses jambes, ses épaules et son regard.
Pense également à adapter ton vocabulaire. Une consigne comme « coordonne tes aides » peut sembler parfaitement claire pour un moniteur, mais rester bien abstraite pour un cavalier qui ne sait pas encore comment s’y prendre.
Une bonne consigne doit permettre au cavalier de savoir ce qu’il doit faire, et pas seulement lui rappeler ce qu’il fait mal.
2.3. Faire comprendre plutôt que faire réciter
Ton cavalier sait expliquer le rôle de chaque aide, mais une fois en selle, il ne parvient pas à les coordonner ? Rien d’étonnant : connaître la théorie et réussir à l’appliquer sont deux compétences différentes.
Pour progresser, il doit apprendre à faire le lien entre ses actions, la réponse de son cheval et les sensations qu’il perçoit.
Plutôt que de lui donner systématiquement la réponse, tu peux l’aider à réfléchir en lui posant des questions :
Qu’as-tu ressenti lorsque tu as demandé l’incurvation ?
Ton cheval a-t-il conservé la même régularité dans son allure ?
As-tu réussi à maintenir ton tracé ?
Que pourrais-tu modifier lors du prochain passage ?
Ces questions l’amènent à observer et à analyser ce qui se passe, plutôt qu’à attendre que tu lui indiques chaque correction.
L’objectif est de rendre progressivement le cavalier autonome, capable de faire le lien entre ses actions et les réponses de son cheval, puis d’adapter son travail en conséquence.
Le but n’est pas de former un cavalier capable de réciter parfaitement la théorie de l’incurvation, mais un cavalier qui sait l’utiliser à bon escient.
3. Les exercices pour enseigner l’incurvation
Pour travailler l’incurvation, inutile de chercher l’exercice révolutionnaire que personne n’a jamais imaginé avant toi ! Les figures de manège habituelles offrent déjà de nombreuses possibilités. Tout l’enjeu consiste à choisir celle qui correspond à ton objectif, puis à la faire évoluer en fonction des progrès du cavalier.
Voici quelques pistes pour construire tes séances et éviter de demander vingt fois la même chose à ton élève en espérant un résultat différent à la vingt-et-unième tentative !
3.1. Le cercle et la volte: installer le travail
Le cercle est un support intéressant pour commencer à travailler l’incurvation. Le tracé est défini et permet au cavalier de se concentrer sur ses aides et sur la réponse de son cheval.
Tu peux commencer par un grand cercle au pas, puis réduire progressivement sa taille lorsque le cavalier parvient à conserver un tracé régulier et une allure stable. À l’inverse, si ton élève peine déjà à coordonner ses aides sur un grand cercle, une volte risque surtout de compliquer la situation !
Le cercle peut également être utilisé pour répondre à certaines difficultés rencontrées pendant le travail. Par exemple, si le cheval n’engage pas suffisamment son postérieur intérieur, tu peux proposer une volte à l’intérieur du cercle afin de mobiliser les épaules et de favoriser le placement du postérieur intérieur sous la masse.
L’essentiel est de choisir la taille de la courbe en fonction de l’objectif recherché : faire progresser le cavalier ou l’aider à résoudre une difficulté précise, plutôt que de réduire le cercle simplement pour augmenter la difficulté.
3.2. Le huit de chiffre et la serpentine: apprendre à changer d’incurvation
Une fois le travail sur une courbe suffisamment maîtrisé, tu peux proposer des enchaînements comme le huit de chiffre ou la serpentine.
Ces figures présentent un intérêt pédagogique important : le cavalier doit anticiper les changements de direction et adapter ses aides au lieu de conserver la même organisation pendant tout l’exercice.
Attention toutefois : changer de direction ne signifie pas nécessairement changer d’incurvation. Tu peux d’abord demander à ton cavalier d’enchaîner des courbes en conservant la même incurvation, puis lui proposer des situations dans lesquelles il doit également en changer.
Pour commencer, privilégie des courbes suffisamment larges pour laisser au cavalier le temps de préparer ses actions.
Tu peux lui demander de redresser brièvement son cheval entre deux courbes pour réorganiser ses aides (remettre l’équidé droit sur une petite diagonale pour avoir le temps d’inverser les aides), avant de réduire progressivement ce temps de transition.
Lorsque le cavalier progresse, tu peux faire évoluer le travail de plusieurs façons :
Resserrer progressivement les courbes, afin de demander davantage de précision. Les courbes serrées au trot sont abordées dès le Galop 3.
Augmenter le nombre de boucles, pour multiplier les changements de direction. La serpentine à quatre boucles constitue notamment un repère du Galop 5.
Passer à une allure supérieure, lorsque le cavalier parvient à conserver la qualité de son travail. Le huit de chiffre et la serpentine au galop font partie des exigences du Galop 7.
Veille également à adapter tes attentes à l’objectif recherché. Un cavalier qui apprend à suivre une serpentine doit d’abord maîtriser sa trajectoire. Lorsqu’il travaille l’incurvation, tu peux exiger davantage de précision dans ses aides et de régularité tout au long de la figure.
Enfin, garde en tête que réussir un exercice au pas ne garantit pas sa réussite au trot ou au galop. Chaque changement d’allure ajoute une difficulté : le cavalier doit conserver la qualité de son travail tout en s’adaptant au mouvement de son cheval.
3.3. Varier le travail pour enrichir l’apprentissage
Les cercles et les enchaînements de courbes constituent une bonne base, mais d’autres exercices peuvent compléter le travail.
Tu peux notamment proposer :
Le déplacement des épaules et des hanches au pas, abordé au Galop 4, pour aider le cavalier à affiner le contrôle des différentes parties du cheval.
La cession à la jambe au pas, abordée au Galop 5, pour lui faire découvrir certaines aides de l’incurvation dans un autre contexte et expérimenter leur coordination.
Avant de choisir un exercice, pose-toi toujours cette question : qu’est-ce que je veux apprendre à mon cavalier ? Si tu peux y répondre clairement, tu es sur la bonne voie. Si ton seul argument est que la figure est jolie sur le papier, il est peut-être temps de revoir ton programme !
4. Observer et corriger les difficultés liées à l’incurvation
Ton cavalier suit le tracé demandé, mais le résultat n’est pas celui que tu attends ? Avant de lui demander de modifier ses aides, prends le temps d’observer ce qui se passe réellement.
Un cheval qui se déplace sur un cercle n’est pas forcément incurvé. Il peut simplement tourner la tête vers l’intérieur, s’échapper avec les épaules ou déraper avec ses hanches. Et si tu corriges systématiquement tous ces problèmes de la même manière, tu risques de passer à côté de ce qui gêne réellement le couple.
4.1. Observer le cavalier et le cheval
Pour évaluer le travail, tu dois observer à la fois les actions du cavalier et la réponse de sa monture.
Du côté du cavalier, tu peux notamment vérifier :
s’il reste centré sur sa selle ;
s’il oriente son regard et le haut de son corps dans le sens du déplacement ;
s’il utilise correctement ses aides intérieures et extérieures ;
s’il conserve un contact adapté sur ses deux rênes ;
s’il parvient à coordonner ses aides sans se crisper.
Du côté du cheval, observe notamment :
si son corps suit la courbe demandée ;
si le pli est adapté, sans flexion excessive de l’encolure ;
si les épaules et les hanches restent contrôlées ;
si le postérieur intérieur participe correctement au mouvement ;
si l’allure reste régulière.
Ces observables te permettent de dépasser une simple impression générale. Plutôt que de conclure que l’incurvation n’est pas bonne, tu peux identifier plus précisément ce qui manque ou ce qui perturbe le travail.
4.2. Identifier le problème avant de corriger
Plusieurs difficultés peuvent apparaître pendant le travail sur les courbes. Pour choisir une correction pertinente, tu dois d’abord identifier ce que tu observes.
Le cheval tourne la tête, mais son corps ne suit pas suffisamment la courbe
Vérifie que le cavalier ne tire pas excessivement sur sa rêne intérieure et qu’il conserve une action régulatrice de sa rêne extérieure. L’objectif est de mieux coordonner les aides, et non d’obtenir davantage de pli d’encolure.
Le cheval présente trop de pli
Un pli d’encolure plus marqué ne signifie pas, non plus, que l’incurvation est meilleure ! Il peut être nécessaire de relâcher la rêne intérieure et de retrouver une action régulatrice de la rêne extérieure afin de réduire le pli excessif tout en conservant le contrôle de la trajectoire.
Le cheval s’échappe avec les épaules
Vérifie que le cavalier conserve le contrôle de la trajectoire grâce à ses aides extérieures. Il peut notamment avoir besoin de mieux utiliser sa rêne régulatrice pour contrôler les épaules, tout en orientant correctement son couloir de rênes.
Les hanches du cheval dérapent vers l’extérieur
Observe la position des jambes du cavalier :
Sa jambe intérieure est-elle correctement placée à la sangle ? N’est-elle pas trop reculée ?
Sa jambe extérieure permet-elle de contrôler les hanches sans être reculée inutilement ?
Avant de demander davantage d’action, vérifie le positionnement des aides et la réponse du cheval à celles-ci.
Le cheval n’engage pas suffisamment son postérieur intérieur
Vérifie que la jambe intérieure du cavalier est correctement positionnée et que le cheval y répond. Si nécessaire, une volte à l’intérieur du cercle peut aider à mobiliser les épaules et à favoriser le placement du postérieur sous la masse.
Le cheval ralentit ou accélère sur la courbe
La qualité de l’incurvation ne doit pas se faire au détriment de la régularité de l’allure. Si le cheval ralentit, cherche à retrouver davantage de mouvement en avant. S’il accélère, travaille plutôt la régulation de l’allure. Selon la situation, une transition ou une modification de l’exercice peut aider à rétablir un mouvement régulier.
Dans tous les cas, adapte ta correction au problème observé. Une consigne pertinente pour un cheval qui s’échappe avec les épaules ne sera pas forcément adaptée à un cheval qui dévie avec ses hanches.
4.3. Vérifier si la correction fonctionne
Une correction n’est utile que si elle permet d’améliorer le travail. Après avoir donné une consigne, observe donc ce qui change chez le cavalier et chez le cheval.
Tu peux notamment vérifier :
L’allure reste-t-elle stable ?
Le cavalier a-t-il réussi à modifier son action ?
Le tracé est-il devenu plus régulier ?
Le cheval répond-il mieux aux aides ?
Si la situation s’améliore, laisse au cavalier le temps de reproduire cette réponse pour qu’il puisse la comprendre et la mémoriser.
Si rien ne change, inutile de répéter la même consigne dix fois en espérant un résultat différent ! Il faut peut-être reformuler ton explication, vérifier que le cavalier l’a comprise ou choisir une autre correction.
Tu peux également simplifier temporairement l’exercice si plusieurs difficultés apparaissent simultanément. Revenir à une courbe plus facile ou à une allure inférieure peut aider le cavalier à retrouver de la précision avant de reprendre le travail initial.
L’objectif n’est pas d’obtenir une figure parfaite à tout prix, mais d’aider le cavalier à comprendre ce qui se passe et comment progresser. C’est cette capacité à observer, analyser et ajuster ses actions qui lui permettra de devenir progressivement plus autonome.
5. Faire évoluer l’incurvation avec le niveau du cavalier
Lorsque le cavalier maîtrise l’incurvation sur des courbes simples, tu peux progressivement enrichir le travail : enchaîner davantage de courbes, augmenter l’allure ou introduire de nouvelles difficultés. L’objectif est de développer sa précision et sa capacité à adapter ses aides, sans brûler les étapes.
5.1. Introduire le contre-pli
Lorsque le cavalier maîtrise suffisamment l’incurvation dans le sens du déplacement, tu peux lui faire découvrir le contre-pli.
Cette situation lui demande d’adapter ses aides pour obtenir un pli opposé au sens de la courbe. Elle permet de vérifier qu’il sait modifier ses actions en fonction de l’objectif recherché, plutôt que d’orienter systématiquement la tête de son cheval vers l’intérieur.
Pour commencer, privilégie des situations simples au pas, sur un tracé facile à suivre. Si le cavalier rencontre encore des difficultés à maintenir une incurvation correcte sur un grand cercle, mieux vaut consolider cet apprentissage avant d’ajouter cette difficulté.
5.2. Travailler la contre-incurvation
Au Galop 7, le cavalier aborde la contre-incurvation sur différentes figures : cercle, huit de chiffre et serpentine. Il apprend ainsi à adapter ses aides pour demander une incurvation opposée à celle habituellement recherchée sur la courbe, tout en conservant le contrôle du tracé.
Pour préparer ce travail, tu peux varier les figures utilisées :
Le cercle, pour se concentrer sur les aides et la réponse du cheval.
Le huit de chiffre, pour travailler les changements de direction.
La serpentine, pour enchaîner plusieurs courbes.
Au début, autorise le cavalier à redresser brièvement son cheval avant de réorganiser ses aides si nécessaire. Lorsqu’il gagne en précision, tu peux progressivement réduire ce temps de transition.
L’objectif n’est pas de multiplier les changements d’incurvation, mais d’apprendre au cavalier à adapter ses aides à ce qu’il demande, tout en conservant une trajectoire régulière.
5.3. Réinvestir le travail dans des exercices plus exigeants
L’incurvation ne doit pas rester un exercice isolé, réussi uniquement sur un cercle au pas. Au fur et à mesure de ses progrès, tu peux demander à ton cavalier de conserver la qualité de son travail dans des situations plus complexes.
La progression des Galops permet d’augmenter progressivement les exigences :
Au Galop 4, le cavalier travaille les courbes aux trois allures avec un pli interne adapté et apprend à déplacer les épaules et les hanches au pas.
Au Galop 6, il travaille l’incurvation sur le cercle aux trois allures et aborde les figures au pas et au trot (sur des courbes larges), ainsi que le travail avec un pli extérieur.
Au Galop 7, il doit notamment réaliser des huit de chiffre et des serpentines au galop, enchaîner des courbes serrées aux trois allures et travailler la contre-incurvation.
Ces exercices l’amènent à adapter ses aides tout en conservant le contrôle du tracé; l’équilibre et la régularité de l’allure.
Attention toutefois à faire évoluer la difficulté progressivement. Si le cavalier se désorganise ou ne parvient plus à obtenir la réponse recherchée, reviens à une situation plus simple avant de reprendre l’exercice.
La progression ne se mesure pas uniquement à la complexité des figures réussies, mais aussi à la précision des aides, à la capacité d’observation et à l’autonomie du cavalier.
E En bref : Enseigner l’incurvation ne consiste pas simplement à expliquer les aides au cavalier, mais à l’aider à comprendre leur rôle, à les coordonner et à en ressentir les effets. À toi, moniteur ou futur moniteur, de construire une progression adaptée à son niveau, en choisissant des exercices pertinents et en ajustant tes consignes à ses difficultés. C’est ainsi que tu l’aideras à gagner en précision et en autonomie, pour obtenir une incurvation juste et adaptée au travail demandé. Envie d’approfondir la technique ? Retrouve encore mon article consacré à l’incurvation du cheval pour revoir les bases et mieux comprendre ce que tu cherches à enseigner.
La Foire aux Questions de l’enseignement de l’incurvation
Pour t’aider à mieux comprendre l’enseignement de l’incurvation et à résoudre les difficultés les plus courantes, voici une FAQ regroupant les questions que les cavaliers se posent le plus souvent.
Clique sur l’intitulé de chaque question pour découvrir la réponse
Pour enseigner l’incurvation à un cavalier, commence par lui présenter l’objectif recherché : apprendre au cheval à adapter la position de son corps à la courbe qu’il parcourt.
Tu peux prendre l’exemple d’un cercle. Le cheval doit suivre cette trajectoire en orientant son corps dans le sens de la courbe, et pas simplement tourner la tête vers l’intérieur. Le cavalier doit donc apprendre à coordonner ses aides pour guider les différentes parties du corps de son cheval.
Pour rendre tes explications plus concrètes, utilise des consignes courtes qui attirent son attention sur un élément précis. Par exemple :
« Regarde où tu veux aller et conserve ton cercle. » pour l’aider à maintenir sa trajectoire.
« Garde ta rêne extérieure présente pour contrôler les épaules. » pour lui faire comprendre le rôle de sa rêne extérieure.
« Veille à ce que ton cheval réponde à ta jambe intérieure sans tourner simplement la tête vers l’intérieur. » pour l’aider à coordonner ses aides.
Évite toutefois de lui donner toutes les explications techniques dès le départ. Commence par de grandes courbes au pas, puis fais évoluer tes consignes en fonction de ce que tu observes.
L’essentiel est de lui faire comprendre que l’incurvation ne se résume pas à une action de la rêne intérieure : elle nécessite une coordination des aides et un contrôle de la trajectoire. Si ton cheval « regarde vers l’intérieur » mais reste droit avec son corps… ce n’est pas de l’incurvation.
Pour vérifier qu’un cavalier comprend le rôle de ses aides, tu peux lui demander de préparer mentalement son exercice avant de le réaliser à cheval.
Par exemple, avant de lui faire travailler un cercle, demande-lui de t’expliquer comment il compte utiliser ses aides pour obtenir l’incurvation. Il doit notamment pouvoir expliquer le rôle de sa jambe intérieure, de sa jambe extérieure et de ses deux rênes.
Une fois l’exercice commencé, observe s’il parvient à mettre en pratique ce qu’il vient d’expliquer. Si ses actions ne correspondent pas à ce qu’il avait prévu, demande-lui de repérer ce qui a changé entre son intention et sa réalisation.
Tu peux également lui proposer de modifier volontairement un élément de son action, puis de décrire les conséquences sur le travail de son cheval. Par exemple, il peut chercher à mieux contrôler ses épaules avec sa rêne extérieure, tout en vérifiant qu’il conserve un tracé régulier.
Cette démarche permet de vérifier que le cavalier ne se contente pas de réciter le rôle des aides, mais qu’il commence à comprendre comment les utiliser et pourquoi.
Un cavalier qui a compris le rôle des aides doit progressivement être capable d’expliquer ce qu’il cherche à obtenir, de mettre ses actions en pratique et d’établir un lien entre celles-ci et la réponse de son cheval.
Le choix de l’exercice dépend avant tout de la difficulté rencontrée par le cavalier et de l’objectif que tu souhaites lui faire atteindre. Plutôt que de multiplier les figures, cherche celle qui lui permettra de se concentrer sur un apprentissage précis.
Voici quelques exemples de situations :
Le cavalier perd son tracé lorsqu’il demande l’incurvation: reviens à un grand cercle au pas. Il pourra ainsi se concentrer sur le tracé et la coordination de ses aides sans avoir à gérer des changements de direction.
Le cavalier parvient à suivre un cercle, mais ne sait pas réorganiser ses aides lorsqu’il change de direction: propose un huit de chiffre. Il devra apprendre à anticiper le changement d’incurvation et à adapter ses actions.
Le cavalier maîtrise les courbes simples et les changements de direction: introduis une serpentine pour travailler l’enchaînement des courbes et la préparation des transitions entre elles.
Le cavalier a besoin d’affiner le contrôle des différentes parties du corps de son cheval: tu peux proposer des déplacements des épaules ou des hanches au pas, en veillant à conserver un objectif précis.
Le cavalier a du mal à comprendre la coordination de certaines aides: la cession à la jambe au pas peut l’aider à découvrir leur utilisation dans un autre contexte. Attention toutefois : cet exercice ne recherche pas le même résultat que l’incurvation.
Dans tous les cas, adapte l’exercice à ce que ton cavalier est capable de réaliser. Si la difficulté choisie l’empêche de se concentrer sur l’objectif principal, simplifie la situation avant de chercher à progresser.
Un exercice pertinent n’est pas nécessairement le plus complexe: c’est celui qui permet au cavalier de travailler précisément ce dont il a besoin pour progresser.
Choisis un exercice que ton cavalier est capable de réaliser tout en lui permettant de progresser. L’objectif est d’introduire une difficulté supplémentaire sans lui demander de tout gérer en même temps.
Par exemple, si un cavalier peine à coordonner ses aides sur un grand cercle au pas, inutile de lui demander immédiatement d’enchaîner des courbes au trot. Commence par stabiliser son tracé et ses actions, puis augmente progressivement la difficulté.
Pour adapter ton exercice, tu peux notamment jouer sur :
La taille des courbes : commence par de grands cercles avant de resserrer progressivement.
L’allure : consolide le travail au pas avant de passer au trot, puis au galop.
La complexité du tracé : passe des courbes simples aux changements de direction, puis aux enchaînements plus exigeants.
Observe la qualité du travail plutôt que de te fier uniquement au niveau de Galop du cavalier. Deux cavaliers préparant le même examen peuvent avoir des besoins très différents.
Le bon exercice est celui qui permet au cavalier de réussir une étape accessible, tout en le préparant à la suivante.
La progression doit permettre au cavalier de gagner en précision et en autonomie, en augmentant progressivement la difficulté des exercices.
Voici quelques repères issus de la progression des Galops :
Galop3 à 4: le cavalier développe sa maîtrise des courbes au trot, puis aborde le travail sur les courbes aux trois allures et le déplacement des épaules et des hanches au pas.
Galop5 à 6: il apprend à enchaîner davantage de courbes, à changer d’incurvation et à travailler celle-ci sur le cercle aux trois allures. Il découvre également le travail avec un pli extérieur.
Galop7: il approfondit ce travail avec des figures plus exigeantes, notamment les huit de chiffre et les serpentines au galop, les courbes serrées aux trois allures et la contre-incurvation.
Ces repères ne remplacent pas l’observation du cavalier : adapte toujours les exercices à ses acquis réels, plutôt qu’à son seul niveau de Galop.
Connaître les aides de l’incurvation ne suffit pas toujours pour réussir à les coordonner à cheval. Plusieurs raisons peuvent expliquer les difficultés du cavalier :
Il ne comprend pas réellement ce qu’il doit obtenir: il peut confondre l’incurvation avec une simple flexion de l’encolure ou penser qu’il suffit d’agir sur la rêne intérieure.
Il manque de coordination: il connaît le rôle des aides, mais peine à les utiliser simultanément et avec le bon dosage.
Il se concentre sur ses actions au détriment du reste: préoccupé par ses mains ou ses jambes, il perd sa trajectoire ou ne maintient plus une allure régulière.
Il ne perçoit pas suffisamment la réponse de son cheval: il ne sait pas toujours si son action est efficace ni ce qu’il devrait modifier.
Avant de multiplier les explications, cherche donc à identifier ce qui bloque réellement. Selon la difficulté, tu pourras reformuler une consigne, simplifier l’exercice ou attirer l’attention du cavalier sur un élément précis.
Si une explication ne suffit pas, ce n’est pas nécessairement qu’il faut la répéter: il faut parfois changer de manière d’enseigner.
Un cavalier qui tire sur sa rêne intérieure cherche souvent à obtenir l’incurvation en ramenant la tête de son cheval vers l’intérieur. Pour l’aider à modifier cette habitude, commence par lui faire comprendre que cette action ne suffit pas à incurver le corps du cheval.
Tu peux notamment :
Simplifier l’exercice en revenant à un grand cercle au pas, pour qu’il puisse se concentrer sur ses aides.
Attirer son attention sur sa rêne extérieure, en lui demandant de conserver un contact adapté pour contrôler le tracé et réguler le pli.
Lui faire observer le résultat : son cheval suit-il la courbe avec son corps ou tourne-t-il principalement la tête ?
Privilégie une consigne précise, comme « allège ton action sur la rêne intérieure et garde ta rêne extérieure présente », plutôt que de lui répéter simplement de ne pas tirer.
L’objectif n’est pas de supprimer toute action de la rêne intérieure, mais d’apprendre au cavalier à l’utiliser avec justesse, en coordination avec ses autres aides.
Si ton cavalier ne parvient pas à identifier ses erreurs, évite de lui demander simplement de mieux observer son cheval. Il ne sait peut-être pas encore quels éléments regarder ni comment interpréter ce qu’il ressent.
Pour l’aider, tu peux :
Orienter son attention vers un élément précis : « Est-ce que ton cheval a conservé son tracé ? » ou « As-tu senti une différence lorsque tu as utilisé ta jambe intérieure ? »
Lui poser des questions ciblées plutôt que de lui donner directement la correction : cela l’aide à comparer ce qu’il voulait obtenir avec ce qui s’est réellement passé.
Simplifier l’exercice si nécessaire, afin qu’il puisse se concentrer sur une seule difficulté à la fois.
Si le cavalier ne parvient toujours pas à comprendre ce qui se passe, explique-lui ce que tu as observé et propose-lui une consigne concrète à tester lors du passage suivant.
L’objectif est de l’aider progressivement à observer, comprendre et corriger son travail, jusqu’à ce qu’il puisse identifier ses difficultés de manière plus autonome.
Sur un cercle, le cavalier peut conserver la même organisation de ses aides pendant plusieurs foulées. Sur une serpentine, il doit anticiper les changements de direction et adapter ses aides à chaque nouvelle courbe.
Pour l’aider à progresser, tu peux :
Revenir à des courbes larges, afin de lui laisser suffisamment de temps pour préparer ses changements d’aides.
Lui demander de redresser brièvement son cheval entre deux courbes, pour qu’il puisse réorganiser ses aides avant de demander la nouvelle incurvation.
Réduire progressivement le temps de transition, lorsque le cavalier gagne en aisance et en précision.
Veille également à ce qu’il conserve une allure régulière et un tracé précis. S’il se concentre tellement sur le changement d’incurvation qu’il perd le contrôle de son tracé, simplifie temporairement l’exercice.
L’objectif est de lui apprendre à anticiper et à coordonner ses aides, plutôt que de lui demander de changer d’incurvation de plus en plus rapidement.
Un cavalier a réellement compris l’incurvation lorsqu’il ne se contente plus d’appliquer une consigne, mais qu’il sait expliquer ce qu’il cherche à obtenir et adapter ses actions en fonction de la réponse de son cheval.
Pour évaluer ses acquis, vérifie notamment s’il est capable de :
Expliquer son objectif : sait-il ce qu’il cherche à obtenir sur la courbe ?
Coordonner ses aides : parvient-il à les utiliser de manière cohérente sans se concentrer exclusivement sur ses mains ?
Observer le résultat : remarque-t-il si son cheval suit la courbe avec son corps ou s’il tourne principalement la tête ?
Adapter son action : sait-il modifier ses aides lorsque le résultat ne correspond pas à ce qu’il recherchait ?
Tu peux également lui demander d’expliquer ce qu’il modifierait lors d’un second passage. Sa réponse te permettra d’évaluer sa capacité à analyser le travail et à envisager une correction pertinente.
La réussite d’un exercice ne suffit pas à prouver que le cavalier a compris l’incurvation.
Un exercice est probablement trop difficile si le cavalier ne parvient plus à gérer les bases du travail en cherchant à obtenir l’incurvation.
Observe notamment s’il :
perd régulièrement son tracé ou ne parvient plus à maintenir une allure stable ;
se crispe ou multiplie les actions de mains et de jambes sans obtenir de réponse cohérente ;
n’arrive plus à coordonner ses aides et ne sait pas sur quoi concentrer son attention.
Dans ce cas, simplifie l’exercice : agrandis les courbes, repasse à une allure inférieure ou reviens à une figure plus facile. Lorsque le cavalier retrouve de la précision et de la régularité, tu peux progressivement réintroduire la difficulté.
Le but n’est pas de réussir à tout prix un exercice complexe
La contre-incurvation est abordée au Galop 7. Elle demande au cavalier d’adapter ses aides pour obtenir une incurvation opposée à celle habituellement recherchée sur la courbe.
Avant de proposer ce travail, assure-toi que le cavalier maîtrise suffisamment l’incurvation classique : il doit pouvoir coordonner ses aides, contrôler le tracé et conserver une allure régulière.
Commence par une situation simple, comme un cercle, puis complexifie progressivement le travail avec des figures telles que le huit de chiffre ou la serpentine.
L’essentiel est de ne pas introduire cette difficulté tant que le cavalier peine encore à obtenir une incurvation correcte dans les situations habituelles.
Pour découvrir la FAQ, clique sur le ⊕ (ci-dessus)
Et toi, comment abordes-tu l’incurvation ? Une question ou une astuce à partager ? Raconte-moi en commentaire
Notes : * Cet article est considéré pour un « enseignant fictif » et donc genré au masculin pour plus de commodité d’écriture. Tout est donc bien sûr transférable à la gent féminine ! ** « Cavalier » ou cavalière bien-sûr, puisque plus de 80% des pratiquants sont des féminines. *** De même, dans l’article, je parle de « cheval » pour plus de facilité, il peut s’agir d’une jument, d’un hongre, d’un étalon. Tout comme d’un poney ou d’une ponette !
À propos La Team LMs
Je m'appelle Louise MAILLARD de la Team LMs équitation. Instructrice d'un des plus gros centres de formation d'Ile de France, je forme tous les ans une quinzaine de stagiaires BPJEPS équitation qui deviennent des moniteurs performants dès leur prise de fonction. Témoin privilégié des notions et techniques qui font défaut à mes étudiants, j'ai créé ce site pour faciliter leur année de formation.