protéger son cheval en été par une bonne hydratation

Quels sont les risques pour son cheval en été et comment les éviter ?

Chaque année, l’été débarque avec ses vagues de chaleur, ses insectes envahissants et ses petits (ou gros !) tracas pour nos compagnons à sabots. Et là, tu te demandes peut-être : comment protéger mon cheval en été ? Quels sont les vrais risques ? Et surtout, que faire pour les éviter ?

Pas de panique ! Dans cet article, je t’explique tout ce qu’il faut savoir pour garder ton loulou en pleine forme malgré la chaleur. Déshydratation, coups de chaleur, piqûres d’insectes, coups de soleil… On passe tout en revue avec des conseils simples, concrets et faciles à appliquer. L’objectif ? Que tu sois au top pour protéger ton cheval en été et que celui-ci passe cette saison chaudement… mais sereinement !

Sommaire :
I. Les risques majeurs en été pour un cheval
–> 1. La déshydratation
–> 2. L’hyperthermie ou le coup de chaleur
–> 3. Pour protéger son cheval en été, éviter la déshydratation et le coup de chaleur
II. Les autres désagréments
–> 1. Les coups de soleil
–> 2. Les insectes
–> 3. La dermite estivale ou DERE (dermite estivale récidivante des équidés)
–> 4. Le dessèchement des sabots
A retenir pour bien savoir comment protéger son cheval en été

I. Les risques majeurs en été pour un cheval

1. La déshydratation

Pour réguler sa température, un cheval transpire énormément et est donc sujet à une déshydratation rapide. 

La déshydratation intervient lorsque les animaux ne compensent pas l’eau perdue par le corps (l’urine, les selles, la sueur et la respiration).  En cas d’effort prolongé, si la météo est fraîche et sèche, le cheval peut perdre 15 à 20 litres d’eau par heure. Par contre, si le temps est chaud et humide, il peut transpirer jusqu’à 30 litres par heure. Ce qui est considérable. S’il ne parvient pas à boire en conséquence, le risque se profile. 

protéger son cheval en été d'une transpiration excessive

La déshydratation augmente également le risque d’insolation, de crampes musculaires et de récupération lente après l’exercice.

On peut se rendre compte qu’un cheval est déshydraté par un comportement apathique, une augmentation du rythme respiratoire, et une perte d’élasticité de la peau

💡 Astuce : Pour tester l’état de ton loulou, tu peux pincer sa peau au niveau de l’encolure et mesurer le temps que le derme met à reprendre sa position. Si ce temps est supérieur à 2s, votre cheval commence à manquer d’eau, s’il faut compter entre 5 et 10s, la situation est à traiter d’urgence et, au-delà, il y a alerte.  


2. L’hyperthermie ou le coup de chaleur

2.1 Les causes

protéger son cheval en été d'un coup de chaleur

Dans certains cas, une forte déshydratation peut se doubler d’une hyperthermie. Le coup de chaleur survient lorsque le cheval ne parvient plus à réguler la température de son corps. 

La température d’un cheval se situe normalement entre 37,5°C et 38,5°C. En cas d’hyperthermie, elle peut dépasser 41° et constitue une urgence vitale.

Le stress thermique est souvent consécutif à un effort physique (au travail ou au pré). Il peut se déclarer, néanmoins, chez le cheval au repos. Cela se produit notamment lors de transport si le véhicule n’est pas assez aéré, dans les boxes démontables des concours ou même à l’attache.

Cette hyperthermie est favorisée par d’autres facteurs : 

  • un manque d’entraînement physique pour rapport au travail demandé ; 
  • un changement brusque d’environnement (déplacement) ;
  • une période d’anxiété ; (transport, hébergement sur un concours, compétition) ;
  • un manque en sels minéraux ;
  • une maladie (ex : l’anhydride qui est un déficit de sudation) ;
  • des poils trop fournis ou longs ;
  • un surpoids ;
  • un âge avancé, etc. 

Plus ton cheval cumule de ces facteurs aggravants, plus il risque le malaise.

Ne sous-estime jamais la situation : une élévation majeure de la température corporelle peut amener rapidement au dysfonctionnement de nombreux organes vitaux (le cœur, les reins et le cerveau) et entraîner une mort rapide. 

2.2 Quels sont les symptômes d’un coup de chaleur ?  

Les symptômes sont nombreux mais n’apparaissent pas tous de façon systématique :

  • une température très élevée (>40°) ;
  • une transpiration abondante ;
  • une agitation accrue (respiration et pouls rapides) ;
  • des battements cardiaques précipités et irréguliers après 10 à 30 mn d’arrêt de tout effort physique (au repos, le rythme cardiaque est normalement de 20 à 40 battements par minute) ;
  • une langue et des muqueuses écarlates, sèches ou collantes ;
pour protéger ton cheval en été, surveille sa température
  • des douleurs musculaires ;
  • une diminution des bruits digestifs (premiers signes de colique).

Il est important de bien connaître son cheval et de noter si le comportement diffère d’une simple réaction au stress

💡 Astuce : Un bon test à réaliser en cas de doute est de presser la gencive avec le doigt. La muqueuse blanchit. Quand tu retires le doigt, la couleur doit revenir rose en 1s environ. Il y a danger lorsque le retour à la normale se produit au-delà de 2s.

2.3 ⚠⚠ Que faire en cas de crise aiguë ? ⚠⚠

  • Amène le cheval dans l’endroit le plus frais possible (lieu ombragé, ventilé).
  • Applique de l’eau fraîche (mais non glacée) sur la peau : douche, seau + éponge, bouteille, linge mouillé…
  • Commence par la tête, l’encolure, le poitrail, puis les membres.
  • Insiste sur la nuque.
  • Ne passe pas de couteau de chaleur.
  • Donner à boire de l’eau fraîche mais non glacée.
cheval s'abreuvant au seau

Ces actions peuvent faire baisser la température corporelle du cheval de 2° en 10 mn. 

Si ces soins ne se montrent pas efficaces rapidement, le vétérinaire doit alors être appelé en urgence. Il pourra poser une perfusion et/ou une sonde naso-œsophagienne si le cheval ne s’abreuve pas naturellement. 


3. Pour protéger son cheval en été, éviter la déshydratation et le coup de chaleur

3.1  Fournir au cheval de l’eau en abondance

Afin d’éviter ces deux risques majeurs, la première action à effectuer est de garder son cheval hydraté en toutes circonstances. 

Qu’il soit au box, au paddock ou en pâture, votre compagnon doit avoir accès à de l’eau propre, à température ambiante et, de préférence à l’ombre. En ces périodes d’intenses chaleurs, la consommation d’eau est susceptible de doubler. Cela peut faire monter le volume de 60 à 80 litres par jour !  Si l’arrivée d’eau n’est pas automatique, son bac est donc à checker très régulièrement.

💡 Astuces : 


– Si Doudou boude son seau (ce qui arrive fréquemment si un déplacement lui fait perdre ses habitudes), un bon truc consiste à ajouter un litre de jus de pomme dans  la bassine afin de rendre sa boisson plus attirante. 
– Propose lui de boire au tuyau, certains chevaux adorent. N’hésite donc pas à l’emmener « refaire le plein » régulièrement ! 

cheval buvant directement au tuyau

3.2 Le garder le plus possible au frais 

3.2.1 Le préserver du soleil et l’aérer

Si ton cheval est au pré, il doit pouvoir trouver une zone ombragée. Au minimum un abri sera mis à sa disposition ou une zone sous d’un arbre. La présence de végétation apporte d’ailleurs plus de fraîcheur à l’environnement qu’une construction humaine).

ventilateur mis dans un box

Si le loulou est au box (à fortiori en concours et que l’on parle de boxes démontables), vérifiez que la température reste acceptable à l’intérieur. Selon les cas, il faudra juste entrebâiller la fenêtre pour empêcher la chaleur d’entrer. On peut aussi rajouter des tentures ou des «  rideaux » constitués de draps de bain humides. Ou bien, au contraire, ouvrir tout en grand pour créer un courant d’air. Pense à placer éventuellement un ventilateur pour brasser davantage l’atmosphère (utilisable aussi pour les transports).

Réfléchis à la situation en fonction de tes paramètres, il peut être profitable dans certains cas : 

  • de rentrer le cheval en journée à l’ombre de son box et de le ressortir au soir pour qu’il profite, dehors, de la fraîcheur nocturne ; 
  • de l’emmener en main faire une balade dans un sous-bois et brouter quelques heures.
3.2.2 Penser à un arrosage fréquent

Deuxième action possible, l’arrosage régulier du cheval et/ou de son environnement lui apportera de la fraîcheur.

Arroser le toit de son box, le devant de sa porte ou un coin de son paddock peut faire baisser légèrement la température de l’air. Attention néanmoins à éviter l’effet sauna (on rappelle que la transpiration de loulou peut doubler si l’atmosphère est humide).

Doucher votre compagnon périodiquement ou lui donner la possibilité de se baigner (moins facile à proposer) sont également de bonnes idées.

Par contre, ne pas oublier de lui passer ensuite le couteau de chaleur sur le corps. Cela permettra d’éviter l’effet sauna encore une fois. Si le cheval possède encore un poil épais à cette période de l’année, tondez-le.

cheval à la douche

Après un effort intense, au moins deux arrosages successifs (+ passage du couteau de chaleur) sont même conseillés, avec une période de marche entre les ablutions. C’est le processus de récupération qu’on effectue pour les chevaux de course à l’arrivée des épreuves. Ou pour les chevaux de complet à l’issue du cross.

Attention également aux chevaux sensibles aux UV (voir protection des coups de soleil)

Si tu n’as pas accès à un tuyau d’eau, tu peux tout à fait l’asperger avec une éponge et un seau

Après avoir été mouillé, le loulou va être tenté de se rouler. Il faut le laisser faire et ne pas être tenté de le brosser. Comme dans la nature, la croûte de terre qui va se former le préservera des piqûres d’insectes ou des coups de soleil. 

De retour au box (ou en transport), afin que le bénéfice de l’arrosage perdure dans le temps, pose une grande serviette mouillée sur son encolure, voire sur tout son corps en la faisant tenir par des sur-sangles

3.3 Le préserver des maladies 

Les maladies étant un facteur aggravant de l’hyperthermie, il est toujours important de surveiller :

  • les dates de vaccination
  • les dates de vermifugation
  • le risque de surpâturage qui augmente les contaminations par les parasites
  • le traitement contre ces parasites (voir insectes)

3.4 Lui apporter des compléments alimentaires

En cas de forte suée, le cheval perd également beaucoup de sels minéraux. Il est utile de le complémenter avec des solutions comprenant des Electrolyte. Ces solutions sont composées très souvent d’eau de mer, avec des extraits de plantes, de miel ou d’autres substances. Ces solutions sont à placer dans le seau avec un système de dosage. 

Pierre à sel de l'Himalaya

Dans le box ou au pré, on peut rajouter des pierres à sel ou autres pierres d’Himalaya à la disposition des animaux. Ceux-ci pourront les lécher à leur convenance en fonction de leurs besoins, cela les incitera également à s’abreuver davantage. 

Ne pas oublier qu’en été l’herbe s’assèche, devient donc moins hydratante mais également moins nutritive. Pour pallier ces problèmes, il faudra veiller :

  • à donner régulièrement un élément hydratant (un mash tous les deux ou trois jours, pommes, carottes. 
  • comme en hiver, à rapporter régulièrement une ration de foin 
  • à complémenter au besoin en granulés et floconnés.

3.5 Préparer et adapter son travail

3.5.1 L’horaire 

En cas de fortes chaleurs, dans la mesure du possible, il faut éviter les exercices trop physiques surtout aux heures les plus chaudes (12h-16h). Privilégie les séances tôt le matin ou en début de soirée. 

3.5.2 Le lieu

L’idéal serait de pouvoir monter dans une carrière ombragée ou un manège ouvert sur les côtés afin d’être à l’abri du soleil et de bénéficier d’une excellente aération. 

3.5.3 La préparation

Continuons d’envisager les conditions idéales :

  • ne pas oublier le répulsif contre les insectes (voir chapitre insectes).
  • pansage dans le lieu le plus frais possible (ombragé, aéré) ;
  • seau d’eau fraîche à disposition ;
  • petite douche préalable rafraîchissante (si le cheval est engorgé – ce qui est probable sous une forte température – bien insister sur les membres en dirigeant l’eau de bas en haut) ;
cheval avec serviette mouillée
3.5.4 Pendant la séance : surtout écouter son cheval
  • adapter le temps de travail (raccourcir la séance : 20 à 30mn peuvent suffire) ;
  • ne pas insister trop si le loulou montre des signes de fatigue ;
  • le laisser respirer ;
  • multiplier les pauses (prévoir seau et bouteille d’eau à disposition).
3.5.5 Après la séance : optimiser la récupération active (en selle)
  • propose de l’eau (avec électrolyte) ;
  • fais le marcher longtemps (le plus au frais possible) afin de diminuer le rythme cardiaque ;
  • douche, passe le couteau de chaleur.

Retrouve la bonne façon d’effectuer cette opération dans ce paragraphe de la récupération sportive du cheval.

3.5.6 Les soins d’après séance 
  • Laisser le cheval retrouver une température normale en le laissant récupérer dans son box une dizaine de minutes.
  • Doucher, passer le couteau de chaleur.
Pose de guêtres de froid
  • Après un gros effort (entraînement ou compétition), appliquer des guêtres rafraîchissantes sur les quatre membres (les avoir préalablement congelées et conservées les plus froides possibles). Si tu n’as pas encore investi dans ce matériel, utilise la bonne vieille méthode des flanelles et bandes mouillées dans une eau glacée (un seau d’eau fraîche + glaçons). Ne pas les laisser plus d’une demi-heure, à renouveler une fois si possible. Retrouve la bonne façon de poser les bandes dans dans ce paragraphe de la récupération sportive du cheval.
  • Le mieux serait ensuite de remettre le cheval au pré ou paddock pour qu’il continue de marcher.

II. Les autres désagréments

1. Les coups de soleil

Comme pour nous, certains chevaux sont plus sensibles que d’autres aux coups de soleil. Il est donc essentiel de bien protéger ton cheval en été, surtout s’il présente des zones à peau rose :

  • Les vrais « blancs » et albinos ont une peau rose sur l’ensemble de leur corps. 
  • Les pies ont la peau rose à l’endroit de leurs tâches blanches.
  • Les chevaux à la peau champagne ont la peau plus sensible qu’un cheval à la peau noire.
  • Les chevaux gris, devenus « clairs », en général sont plus fragiles (même si leur peau n’est pas rose).
  • Les chevaux à la robe foncée peuvent également avoir été rendus photosensibles à la suite du contact ou de l’ingestion de certaines substances ou herbes.

Mais aussi : Pour toutes les robes, il peut se présenter des zones dépigmentées (balzanes, listes et autres marques en tête, ladre).

Comme pour les humains, les coups de soleil débutent par l’apparition d’une zone rouge. Si celle-ci n’est pas soignée, cela peut dégénérer en zone boutonneuse ou en vraie brûlure (avec plaie puis croûte).

cheval présentant un coup de soleil

Pour éviter les coups de soleil :

  • Il faut appliquer sur les zones fragiles de la crème solaire indice 50. La crème solaire pour chevaux existe. Mais vous pouvez aussi utiliser de la crème pour les humains, vendue en grande surface. 
  • Vous pouvez protéger également la tête du loulou avec un masque anti UV . Il en existe de toutes sortes dans le commerce, avec ou sans filet au niveau des naseaux. Attention à ce que le masque ait bien la fonction anti UV et pas uniquement celle qui protège du contact des insectes. 
  • Pour le reste du corps, il existe aussi des chemises anti UV (avec ou sans couvre-cou) et des protections pour les membres apportant la même utilité. 

Si le cheval attrape un coup de soleil, il faut tout d’abord désinfecter la plaie avec une solution antiseptique. Puis appliquer une crème grasse (vaseline, Biafine). Si la brûlure ne guérit pas rapidement, il faudra aller chercher en clinique une crème spécifique pour accélérer la cicatrisation. 


2. Les insectes

Autre fléau de l’été, les insectes sont particulièrement virulents auprès de nos compagnons à sabots (mouches, moustiques, guêpes, taons, mouches plates…). 

masque à mouche cheval

Pour lutter contre les insectes, pour que le cheval ne soit pas trop dérangé lorsqu’il est au repos, sache tout d’abord qu’il sera moins importuné au box qu’en extérieur. Si cela t’est possible, il sera utile d’adapter les heures de sortie en fonction de la concentration extérieure des insectes.

Pour éviter une trop grande prolifération des petites bêtes, le box (et même le paddock ou le pré) devra être régulièrement entretenu. Enlève les crottins enlevés et change l’eau pour ne pas la laisser stagner. 

Au sein de l’écurie, des dispositifs répulsifs peuvent être installés (des plus éprouvés comme le papier-collant tue-mouche, inesthétique mais efficace, aux plus récents, les pièges anti-taon, composé d’une boule noire et d’un entonnoir en plastique). 

Côté accessoires :

Le masque à mouches englobant les oreilles, la têtière à franges et la couverture anti insectes sont recommandés en extérieur.  Ça va rendre Doudou ridicule mais quand même plus gêné par le problème !

💡 Astuce 

Après une étude scientifique réalisée par des chercheurs il y a dix ans sur les rayures du zèbre, il a été démontré qu’une succession de motifs identiques brouille la vision des insectes. Plus le motif est fin et répété, plus la protection est efficace. Choisir une couverture présentant des rayures ou des petits motifs répétés pourrait orienter les insectes nuisibles vers les congénères du pré ne bénéficiant pas de ce même accessoire de mode !

Le cheval peut être protégé également par une application de produit répulsif et/ou insectifuge, en spray ou roll-on. A pulvériser au moment de la sortie au pré ou au lors de la préparation pour une séance). L’action est immédiate et dure plusieurs heures. Attention aux chevaux sensibles et/ou jeunes, il faudra sans doute les désensibiliser au “pschitt”. Utilise pour cela un pulvérisateur d’eau pour les plantes ou une bombe d’eau minérale). 

De la même façon, à l’emploi d’une nouvelle marque, applique tout d’abord le produit sur une petite surface de poils pour éviter le risque d’allergie. Tous les ans, des chevaux de retrouvent hospitalisés pour intoxication, ça vaut le coup d’effectuer un petit test préalable.

💡 Astuce : Il existe sur le marché des répulsifs applicables autant sur le cheval que sur le cavalier, un bon moyen de ne pas se retrouver soi-même dévoré par les bestioles !

Dernière idée pour protéger loulou des piqûres, un « remède de grand-mère » qui consiste à rajouter de l’ail en poudre ou en flocons dans son alimentation. L’ail dégage une odeur répulsive pour les insectes lors de la transpiration (produit disponible aussi en friandises à lécher). Certains aiment, d’autres boudent cette saveur, tout est question de goût ou d’habitude.


3. La dermite estivale ou DERE (dermite estivale récidivante des équidés)

C’est une maladie courante lorsqu’arrivent les beaux jours. Elle survient à cause de la piqûre d’un petit moucheron (ou plutôt d’une « petite moucheronne ») dont la salive est particulièrement allergisante. Les premières zones attaquées se situent à la base de la queue, des crins ou sur la croupe. 

La démangeaison est intense, le cheval se gratte et s’abîme les crins. Au fil des jours, cela engendre :

  • une perte de poils ;
  • des croûtes ;
  • des lésions, des plaies, des ulcères ; 
  • des infections.

Si le processus n’est pas stoppé, les zones peuvent s’étendre à l’encolure, au garrot, au dos, à toute la tête (y compris les oreilles), voire au poitrail et au ventre. 

Cheval présentant de la dermite

Si rien n’est fait au cours des années, la dermite devient chronique et ne se résorbe plus lors des autres saisons.

Dès que tu constates des signes de dermite chez un cheval, prends des mesures appropriées. Une fois que la maladie est déclenchée, il n’existe malheureusement pas de traitement curatif total. Par contre, il reste possible de prévenir l’apparition des symptômes au printemps, de soulager ceux-ci et d’enrayer le développement du syndrome.

  • A la sortie de l’hiver, au moment où le moucheron prolifère, protège le cheval de nouvelles piqûres en le soustrayant le plus possible du contact des insectes (applique toutes les consignes décrites au chapitre précédent).
  • Limite les supports sur lesquels le loulou pourrait se gratter. 
  • Adapte son alimentation pour diminuer l’apport de protéines (favorisant les affections dermatologiques en général)
  • Applique des shampooings ou des lotions calmantes pour éviter les démangeaisons, prévenir et traiter les symptômes
  • Ne laisse pas les plaies s’infecter.

Si toutes ces actions ne conduisent pas à un résultat satisfaisant, le vétérinaire pourra prescrire un traitement à base de corticoïdes.


4. Le dessèchement des sabots

L’été, les pieds peuvent souffrir eux aussi, d’un assèchement. Pour hydrater les sabots, après un curage régulier, appliquez un onguent blond ou vert spécifique à la saison chaude. 

A retenir pour bien savoir comment protéger son cheval en été
En été, la chaleur peut entraîner des risques majeurs pour mon cheval, pour lesquels je dois agir d’urgence : la déshydratation et, plus grave encore, le coup de chaleur ou hyperthermie. 
Si les signes cliniques sont alarmants (température >40°, accélération des battements cardiaques, agitation), je dois tout mettre en œuvre pour rafraîchir mon cheval et le réhydrater dans les plus brefs délais car l’issue pourrait être fatale rapidement. 

D’autres désagréments sont fréquents lors de la période estivale (les coups de soleil, les piqûres d’insectes, la dermite…) mais je peux prévenir ceux-ci en adaptant l’environnement à la situation et mes soins.

Tu l’as vu, l’été n’est pas toujours une partie de plaisir pour nos chevaux ! Entre la chaleur accablante, les insectes en folie, les sabots qui s’assèchent et les coups de soleil qui guettent… il y a de quoi faire. Mais pas de stress : en étant attentif et bien préparé, tu peux largement anticiper les problèmes et réagir efficacement si besoin.

L’essentiel, c’est de toujours rester à l’écoute de ton cheval, d’adapter ses soins, son rythme, et son environnement. Quelques gestes simples, une bonne organisation, et tu seras parfaitement équipé(e) pour protéger ton cheval en été comme un(e) pro ! Alors maintenant, à toi de jouer : que ce soit au box, au pré ou en balade, ton loulou compte sur toi pour passer un bel été 🐴☀️

Et si mon cheval part en vacances ?
Les risques et désagréments évoqués dans cet article ont été considérés dans le cas d’un cheval qui ne verrait pas son quotidien bouleversé. Brièvement, la réflexion s’est portée également sur les spécificités du cheval de sport, amené à sortir régulièrement en compétition (situation de stress dans les transports, sur le lieu des concours, horaires de travail fixés, etc.)
On n’a pas évoqué le cas, assez fréquent, des chevaux qui changent radicalement d’environnement pendant l’été (ceux qui bénéficient de pension pré/box sur 6 à 8 mois et pré intégral l’été, ceux qui suivent leurs cavaliers sur leurs lieux de villégiature, les chevaux d’écuries citadines mis au « vert »…).
Bouleverser radicalement l’environnement du cheval n’est jamais anodin : c’est un facteur d’accélération ou d’aggravation de tous les problèmes précédemment cités. 
Pour minimiser ceux-ci, il est toujours préférable de prendre un temps de transition entre les deux systèmes d’hébergement, concernant : le mode de vie (liberté de mouvement, interactions ou non avec d’autres congénères)le changement alimentaire le changement d’activité.
Instructeur équitation questions

À propos La Team LMs

Je m'appelle Louise MAILLARD de la Team LMs équitation. Instructrice d'un des plus gros centres de formation d'Ile de France, je forme tous les ans une quinzaine de stagiaires BPJEPS équitation qui deviennent des moniteurs performants dès leur prise de fonction. Témoin privilégié des notions et techniques qui font défaut à mes étudiants, j'ai créé ce site pour faciliter leur année de formation.

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